Agglomération Côte Basque Adour

Conseil Départemental

19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 17:46

Le journal Sud Ouest a publié dans son édition du 19 Janvier un article "tonique" sur les pratiques originales de Michèle Alliot Marie tout au long de ses mandats nationaux.
On peut se demander quelle va être la position de Claude Olive et des "Républicains" de son équipe municipale lors du vote pour le poste de présidente départementale du mouvement auquel l'ancienne ministre se présente...et est l'unique candidate....

Voici cet article tel qu'il apparaît sur la toile:

Polémiques en cascade : MAM plie mais ne rompt pas

par Arnaud Dejeans


Depuis l'affaire de la Tunisie en 2011, les polémiques pleuvent sur Michèle Alliot-Marie et son entourage. De quoi la mettre définitivement hors jeu ?

"Comment MAM parvient-elle à passer entre les gouttes de la justice depuis le temps ?" soupire un élu d’opposition de Saint-Jean-de-Luz. Ce conseiller municipal n’a jamais porté Michèle Alliot-Marie dans son cœur (1). Mais il n’est pas le seul à se poser cette question au Pays basque.

Depuis l’affaire de la Tunisie et sa démission forcée du gouvernement en 2011, il ne se passe pas une année sans qu’une nouvelle polémique ne vienne toucher de près ou de loin Michèle Alliot-Marie et son père, disparu en février 2015. Dernier dossier en date : le site Médiapart pointe du doigt les liens étroits entre l’ancienne ministre de l’Intérieur et les casinotiers, liens qui auraient permis à des associations de sa famille de s’enrichir.

1. Les casinotiers trop bien servis ?

Médiapart s’est procuré les comptes de deux associations créées et présidées par MAM et des membres de sa famille : Le Rayon vert et AOF (qui a fondé le Festival des Jeunes réalisateurs). Le site d’investigation apporte la preuve que ces associations ont fait des placements boursiers juteux dans des sociétés de casinos. Les dividendes s’élèvent à plusieurs dizaines de milliers d’euros en 2007 et 2008.

Cette embellie sur le marché boursier ferait-elle suite aux prises de position de Michèle Alliot-Marie en 2007, alors ministre de l’Intérieur, en faveur de l’ouverture à la concurrence des jeux sur Internet ? D’après nos informations, les liens entre la famille Marie et plusieurs patrons de ce secteur étaient réels. Isidore Partouche, par exemple, a plusieurs fois séjourné à Chantaco, l’ancien établissement hôtelier luzien de standing, qui appartient à au clan MAM.

L’intéressée rappelle que c’est le ministre du Budget (autre ministère de tutelle des casinos), Éric Woerth, qui est à l’origine de ce projet de loi voté en 2009 et que l’Union Européenne avait pressé la France, dès 2006, de lever les restrictions. Impossible de savoir comment le père de Michèle Alliot-Marie, l’ancien banquier et député maire de Biarritz Bernard Marie, à la manœuvre dans ces placements boursiers, a pu anticiper cette embellie éphémère des casinotiers français. Une chose est certaine : la justice ne s’est pas saisie de ce dossier pour l’instant.

2. Condamnations et enquête en cours

Ce n’est pas le cas dans l’affaire de la Fondation du bénévolat. Cette association reconnue d’utilité publique, présidée par MAM de 1995 à 2000 avant le passage de relais à son père, a été condamnée par la justice pour rupture de contrat abusive. Le patron de la société EAR reprochait à Bernard Marie d’avoir utilisé une base de données regroupant toutes les associations de France. Des informations qui auraient permis d’obtenir des centaines de milliers d’euros de subventions publiques (2).

EAR a également gagné son procès contre le ministère de la Défense, reconnu coupable d’avoir aspiré cette base de données en 2006. Au moment des faits, Michèle Alliot-Marie était ministre de la Défense. Depuis cette condamnation (en 2011), passée quasiment inaperçue, plusieurs voix se sont élevées au sein de la Fondation, dénonçant une trop grande opacité dans la gestion des comptes. L’association des Amis du bénévolat, qui labourait le terrain pour la Fondation, a implosé.

Autre affaire en 2013. "Le Parisien" révèle l’ouverture d’une information judiciaire à l’encontre de Michèle Alliot-Marie et de son père pour des faits d’abus de confiance. Ce sont des transferts d’argent suspects vers l’hôtel de Chantaco qui ont attiré l’attention des services de renseignements financiers. Depuis plusieurs années en effet, Bernard Marie organisait dans son hôtel de Chantaco des séminaires et des réceptions pour des associations qu’il présidait (Fondation du Bénévolat et AOF). Il signait des chèques d’un côté pour les encaisser de l’autre. L’enquête préliminaire n’a toujours pas abouti. Mais le parquet de Nanterre a confirmé à "Sud Ouest" que l’affaire n’était pas close. Et ce, malgré le décès de Bernard Marie il y a un an.

3. Elle a encore faim de victoires électorales

La multiplication de ces affaires, après le Big bang tunisien en 2011, peuvent-elles écorner un peu plus l’image politique de Michèle Alliot-Marie ? "Il ne faut pas exagérer", tempèrent ses plus farouches partisans : "On parle d’une presse qui tape sur elle depuis toujours. Et qui n’hésite pas à charger son père alors qu’il vient juste de mourir."

Sur ses terres de Saint-Jean-de-Luz, où la rupture a été consommée avec le maire, on raille aussi bien ses absences que ses rares interventions. Le "MAM Bashing" est à la mode au Pays basque. Mais l’ancienne ministre a le cuir solide et des soutiens. Distante après sa défaite à la législative de 2012 et même fantomatique depuis son élection au Parlement européen en 2014, elle vient de réapparaître en ce début d’année au niveau local pour gagner une élection dont l’issue est déjà connue.

Michèle Alliot-Marie est la seule candidate à sa succession en tant que présidente des Républicains des Pyrénées-Atlantiques (30 janvier). Preuve que MAM est encore respectée. Ou qu’elle est suffisamment puissante pour éliminer toute forme concurrence. "Cette élection lui permettra de laisser un pied dans la porte de son parti à Paris", analyse-t-on dans son camp.

Personne n’est dupe. Si MAM revient en course aujourd’hui, ce n’est pas uniquement pour prendre sa revanche de la législative de 2012 ou pour tenter un baroud d’honneur au Sénat. Mais bien pour gravir d’autres sommets. Le siège le plus confortable du Palais Bourbon ou celui du Luxembourg en cas de victoire de Nicolas Sarkozy à la Présidentielle ? (3) D’autres objectifs ? À 70 ans, MAM a toujours faim. Elle ressemble d’une certaine façon aux pêcheurs de Saint-Jean-de-Luz qu’elle aperçoit, lors de ses rares séjours basques, depuis la baie vitrée de son appartement. C’est à la dernière minute qu’elle décidera d’aller affronter les éléments. Et uniquement si elle est persuadée de rentrer les filets pleins.

(1) MAM a occupé le poste de maire et de première adjointe de 1995 à 2014.
(2) 560 000 euros de subvention du Ministère de la Jeunesse et des Sports en 2007 selon Spécial Investigation (Canal +) qui a consacré un reportage sur les dérives des Fondations en décembre dernier.
(3) Les trois élections ont lieu en 2
017.

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