Agglomération Côte Basque Adour

Conseil Départemental

12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 16:50

Les opposants à l'EPCI proposé par le préfet des Pyrénées Atlantiques pour les 3 provinces basques de l'est du département ont lancé leur contre-attaque, en proposant le concept alambiqué de "Pôle Métropolitain Assoupli".

Dans son éditorial du journal "La Semaine du Pays Basque", Pierre Lastéra résume très bien le peu d'efficacité probable de la manoeuvre. Il écrit:

"Forts de 45 communes - représentant plus de 100 000 habitants - défavorables au projet proposé par l’Etat dans le cadre de la réforme territoriale inscrite dans la loi Notre, les opposants ont donc dévoilé leur “alternative” le 3 février à Itxassou. A leur tête on trouve Michel Veunac, maire de Biarritz, et ils comptent dans leurs rangs quelques “gros maires” de la côte basque, comme ceux d’Anglet, de Bidart ou encore de Boucau.

Reprenant le même nom de “Communauté Pays Basque” que leurs adversaires, les opposants à l’interco unique à 158 communes proposent le passage de dix intercommunalités à huit, celles du Pays-de-Bidache et d’Iholdi-Oztibarre étant les deux seules dont la population est en dessous du seuil fixé par la loi Notre (15 000 habitants) pour “survivre”.
Ils proposent ensuite la création d’un syndicat mixte, sous la forme d’un “pôle métropolitain assoupli”, pour fédérer ces huit interco, et permettre ainsi, assurent-ils, une transition vers une “Communauté Pays Basque” qui serait plus intégrée à l’avenir... Un “avenir” que nombre d’élus basques, de tous bords politiques ou presque, sont aujourd’hui lassés de voir sans cesse remis aux calendes grecques.

En outre, le préfet a déjà indiqué que cette solution “alternative” ne serait pas retenue, car ne correspondant pas à l’esprit de la loi Notre, qui s’attache à simplifier le mille-feuille politico-administratif français, et non à l’épaissir. En posant quelques questions solides sur les difficultés à résoudre dans une seule entité à 158 communes, les “anti” avaient pourtant un peu de grain à moudre. Mais en donnant l’image d’un projet “petit bras” car peu simplificateur, sans fiscalité propre et sans maîtrise d’ouvrage directe, et par une communication pour le moins maladroite, ils apparaissent comme freinant des quatre fers devant une nouvelle réforme territoriale voulue plus rapide et efficace que ses sœurs aînées. En manquant en quelque sorte d’audace face à l’audace, les opposants à l’interco unique ont peut-être vendangé leur riposte. Décisives pour la gouvernance future du Pays Basque, les semaines qui viennent le diront."

Mais la véritable question est aujourd'hui très claire: Partisans ou opposants à l'EPCI de Mr le Préfet, les élus , petits ou grands, qui s'expriment ont tous en tête de respecter strictement les limites départementales et les mythologies culturelles d'une aire géographique intangible.

Certains le font par conviction politique comme les partis Abertzale. C'est tout à fait respectable et logique.

D'autres le font par opportunisme électoral, persuadés que l'opinion majoritaire des électeurs est favorable à une autonomie de gestion d'un territoire en raison de son caractère culturel propre. C'est logique politiquement, mais bien peu souvent réaliste de la part d'élus rodés à la gestion territoriale .

D'autres le font parce qu'ils sont convaincus que c'est une opportunité économique, confondant sans doute labellisation et gouvernance économique. Mais on ne peut appliquer des logiques de produits du terroir à l'ensemble d'une dynamique économique industrielle ou touristique.

D'autres enfin le font par romantisme. Mais le romantisme est antinomique avec les réalités concrètes d'une fiscalité communale ou intercommunale, et par là même avec les conséquences fiscales que cela entraînera pour les habitants.

La responsabilité d'un élu devrait être de regarder plus loin que son nez, tant en terme géographique qu'en terme de faisabilité technique.
Donner à un territoire à 80% rural un statut étudié pour des zones urbaines denses me paraît une totale aberration .

Oui il y a eu la possibilité de parler d'une véritable métropole urbaine, allant de Dax à Hendaye. Mais les égoïsmes départementaux et les rigidités culturelles n'ont jamais permis un écho à ces propositions. Cela fait plusieurs années que je les porte.

Mais aujourd'hui, alors que les réponses données aux questions des divers groupes de travail ne sont ni complètes, ni même parfois sincères, l'absence d'une véritable réponse alternative qu'auraient pu donner les nombreux opposants au projet ouvre la voie à une marche en avant forcée.

Grandes seront les désillusions des citoyens face à leur feuille d'impôts. Grande sera la déception des entreprises des zones rurales face à leurs taxes à venir. Et énorme sera la confusion politique dans la gouvernance de cette machine à perdre proposée au territoire

Partager cet article

Repost 0