Agglomération Côte Basque Adour

Conseil Départemental

24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 12:51

En Conseil d'Agglomération du 23 Mars, où l'heure était plus aux querelles de personnes entre les 5 maires qu'aux visions communautaires communes, j'ai essayé de faire réfléchir mes collègues sur les choix contestables du maire d'anglet, devenu aujourd'hui président de la communauté d'agglomération.
Pourquoi déplacer le Centre Technique municipal, acheter 2ha dans une zone d'activités économiques, construire de nouveaux bâtiments, et cela juste pour démolir le CTM existant et le remplacer par des immeubles d'habitation?

C'est cette question que j'ai souhaité poser en conseil d'agglomération, balayée d'un revers de main par le Président.
Mes collègues Colette Capdevielle, Henri Etcheto et Marie-Jo Espiaube m'ont rejoint pour voter contre cette délibération.
Voici te texte de mon intervention:

M. le Président, Chers collègues,

La délibération que vous nous présentez concerne à la fois l’aménagement urbain de la ville d’Anglet, la gestion de ses services municipaux, mais aussi les objectifs et les compétences de l’ACBA en terme de développement économique par l’accueil d’entreprises nouvelles ou en développement.

Plusieurs choses m’ont interrogé.

Je n’aborderai pas dans cette enceinte les problématiques propres à la gestion des services municipaux angloys. Sachez cependant que le déplacement dans la ZAC Melville Lynch du CTM d’Anglet ne me parait pas stratégiquement souhaitable, car cette zone est excentrée par rapport à la vie quotidienne de la ville et très éloignée des lieux touristiques appelant majoritairement les interventions des services techniques en période de circulation souvent difficile.

Mais l’important est le paragraphe "objectifs de l'opération" : on voit clairement que la destination initiale des lots pour accueillir des entreprises est profondément modifié par l’insertion du centre technique municipal, sans justifier que cette localisation est plus opportune que l'actuelle.
Ce choix est fait au détriment de l'accueil de nouvelles entreprises notamment celles qui recherchent la proximité de l'autoroute. Il me parait surprenant que cette assemblée puisse valider, connaissant la rareté des terrains aménageables économiquement, une telle préemption municipale.


Enfin une remarque sur le plan documentaire, les plans présentés n'indiquent pas la limite communale avec Bayonne.

Les choix discutables du maire d'Anglet: sacrifier le développement économique à l'urbanisation

Le centre Technique municipal actuel de la rue des 4 Cantons résulte du transfert de celui de la route de Louillot au début des années 80.

Initialement ce transfert devait se faire à Houndaro, les terrains étaient mis en emplacement réservés avant 1980, mais la société Télérad route de Ste. Marguerite a fait part à la ville de son intention de s'implanter ailleurs. Pour la maintenir sur la commune, la ville a abandonné son projet de transférer le centre technique de Louillot à Houndaro et a supprimé l'emplacement réservé pour lui permettre d'acquérir le terrain. Tout cela avait été fait avec une certaine précipitation. Les servitudes aéronautiques grevant ce terrain à l'époque n'ont pas permis de livrer le permis de construire , un contentieux avait suivi et l'Etat et la Commune avaient été condamnés.
Ce site est depuis devenu constructible et n’est plus disponible.


La ville avait alors recherché un autre site pour son CTM. Elle avait retenu celui de le route de Hirigogne. C'était un bâtiment libéré par la SAT qui s'installait à Mouguerre. Elle avait acquis ce bien de la Société des Carbones de France. Différentes acquisitions avaient été rapidement faites pour avoir un centre technique fonctionnel notamment des terrains agricoles en bordure de la rue des 4 Cantons pour y construire des ateliers, des locaux de stockage, des garages, les postes de carburants, des archives... des maisons en bordure de la rue des 4 Cantons ou de la rue de Hirigogne avaient par ailleurs été acquises et démolies pour améliorer la fonctionnalité du site.

Ce centre qui a été récemment réhabilité répond aux besoins actuels de la ville et y répondra sans doute encore de nombreuses années. La question du transfert du centre technique n’était donc pas d’actualité jusqu'à votre arrivée, Mr le Président , à la tête de la mairie d’Anglet.


A part le fait que vous souhaitez consacrer les terrains de l’actuel CTM à de la promotion immobilière, rien ne nous parait en justifier le déménagement rapide.
Vous m’objecterez les objectifs du PLH. C’est un paramètre à prendre en compte.
Mais la décision que nous allons prendre aujourd’hui va donc se résumer à un choix : privilégier ou pas le développement économique par rapport au développement urbain et à l’accroissement de la capacité d’accueil de la ville d’Anglet en nouveaux habitants.

Vous auriez pu trouver pour le CTM d’autres sites industriels moins porteurs de développement économique potentiel et plus stratégiquement situés sur le plan géographique. C’est par exemple le cas du terrain de l'EDF rue du Prince Impérial qui pourrait être une alternative intéressante.
C'est un terrain comportant en partie un emplacement réservé pour un terrain de camping (mis en place sous le mandat de J. Espilondo) . Je ne pense pas que cette option d’implantation d’un camping soit dans vos projets. Alors pourquoi ne pas prendre le temps d’envisager cette option pour le CTM et pourquoi se précipiter en amputant de 2ha la nouvelle ZAC.



Le document indique que la réalisation de cette ZAC ne nécessite pas de subvention. Il est prévu de vendre 52 420 m² à 5 315 000 euros (cf p.32 &34)
Soit un prix au m² de 101,39 euros le m².
Pour le centre technique de 17 986 m² le prix serait donc de 1 823 600 euros.

Le prix de vente du CTM actuel, d'une surface supérieure au site de Melville-Lynch, (21 000 m²) doit être fixé après démolition des bâtiments ( démolition qui aura un coût non négligeable).

Pour y faire des logements sociaux, le prix de vente devra être inférieur au prix du marché. Cette opération à tiroir le permettra -t-elle ?
Oui, en vendant au prix fort une partie des terrains à des promoteurs privés.

Le président de l’Agglomération peut-il modifier de façon importante un projet économique lancé par ses prédécesseurs (lancé le 26 Septembre 2012 et acté le 14 Juin 2013) pour satisfaire une réflexion immobilière du Maire d’Anglet pour laquelle d’autres solutions existent. Peut-on sacrifier plus du tiers de cette ZAC pour les consacrer à des activités non productives et non créatrices d’emploi ? C’est la question de ce soir à laquelle je répondrai personnellement non, pour toutes les raisons que je vous ai exposées.

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