Agglomération Côte Basque Adour

Conseil Départemental

5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 11:33

En Conseil Municipal du 29 Février, les élus angloys ont été appelés à se prononcer sur la mise en place d'un groupement de commande (financé en particulier par chacune des villes littorales).
L'objet en est de mutualiser l'étude et la mise en place de mesures prédictives pour la fermeture éventuelle des plages pour raisons sanitaires.
Un serpent de mer, qu'avaient lancé sur leur villes Biarritz et Bidart il y a plusieurs années. Anglet souhaitait une mutualisation de cette action . Mais Mr Borotra, maire de Biarritz à l'époque, s'opposait fermement à toute mutualisation au niveau de l'agglomération ...l'isolationnisme du Prince...

Avec mes collègues du groupe d'opposition "Anglet, l'Avenir avec vous", nous sommes satisfaits que cette démarche commune puisse enfin voir le jour. Mais nous y mettons des bémols qui ont fait l'objet de mon intervention en Conseil municipal:

Qualité des Eaux de Baignade: un serpent de mer

M. le Maire, Chers collègues,

La gestion de la qualité des eaux de baignade n’est pas un long fleuve tranquille, si vous me permettez cette expression.

Elle suppose une persévérance dans la durée.
Au cours du précédent mandat , elle faisait l’objet d’un chapitre particulier de l’Agenda 21 de la ville. Il s’agissait de l’action 5.
Lors de la restitution du bilan à mi-parcours le 10 Juin 2013, nous mettions en avant

• la réalisation et le rendu des profils des eaux de baignade des 8 plages d’Anglet

• l’Impulsion d’un réseau de mesures des pollutions bactériologiques du bassin de l'Adour-aval avec l’Agglomération comme partie prenante

Raccordement des habitations aux réseaux d’eaux usées (il ne restait plus que 4 foyers angloys non raccordés contre 250 en 2008 dans le bassin du ruisseau Barbot)

• la mise en place d’une Surveillance et gestion active des plages, information des usagers

• Une évolution satisfaisante de la qualité des plages de la Barre et des Cavaliers entre 2009 et 2012, avec une forte dépendance à la pluviométrie

• la Création d’un Observatoire de l’Estuaire de l’Adour en 2011

C’était beaucoup, ce n’était pas suffisant bien sûr. Nous venons de franchir une étape supplémentaires avec l’amélioration que représente le refoulement des eaux du Maharin lors d’épisodes pluvieux forts ainsi que les améliorations en cours sur l’élimination de la surverse de la station eaux usées de Fontaine Laborde. Autant de mesures et de travaux déjà en réflexion à l’Agglomération en 2014 mais dont la réalisation nécessite études et budgets.

La mise en place d’une démarche prédictive était compliquée, vu les phénomènes exogènes affectant nos plages, relativement différents de ceux de Biarritz et Bidart, en particulier en raison du panache de l’Adour.
La ville d’Anglet ne s’était pas engagée en 2012 et 2013 dans une démarche contractuelle isolée avec Rivage Pro Tech comme l’avaient fait Biarritz et Bidart, beaucoup plus impactées qu’Anglet en raison du système unitaire des réseaux existant su Biarritz, mélangeant eaux pluviales et eaux usées, ou de la problématique de l’Ouhabia à Bidart. Nous souhaitions que l’Agglomération soit le coordonnateur et le financeur d’une démarche commune à l’ensemble de l’agglomération, mais nous nous heurtions en particulier à la réticence du maire de Biarritz de l’époque.

Nous sommes heureux que cette démarche aboutisse enfin même si son financement en parait discutable. En effet il semble proratisé au linéaire de plage de chacune des villes (14% Anglet, 10% Biarritz, 6% Bidart).
Or la modélisation de Biarritz et Bidart est déjà faite, celle d’Anglet reste à faire, mais l’impact économique en terme d’image touristique, les risques spécifiques évoqués précédemment et les budgets respectifs des villes devraient être mieux pris en compte dans cette proratisation. C’est bien d’avoir une démarche communautaire, mais il n’y a aucune raison qu’Anglet paye plus que Biarritz par exemple. Et ce serait encore plus vertueux si l’ACBA traitait cette question sur ses budgets propres, puisque c’est elle qui porte la compétence assainissement et la compétence touristique.
Dans la perspective d’un EPCI élargi, cela aurait aussi l’avantage de transférer sur l’EPCI Pays Basque, s’il se concrétise, ou sur une autre collectivité élargie le poids d’un outil économique essentiel pour l’ensemble du territoire : la qualité des eaux de baignade.

Une dernière remarque de forme : Le groupement de commande constitué fait apparaître un plan de financement où sont nommément cités des outils développés actuellement par Rivage Pro Tech. Cela signifie-t-il que le marché sera confié à cette structure, ou l’appel d’offre européen qui semble devoir être ouvert ouvrira-t-il la porte à d’autres prestataires ?
Il peut être intéressant d’avoir en ce domaine des organismes de mesure et de suivi indépendants des prestataires locaux de l’assainissement ou de l’hydraulique, aucune collectivité n’ayant intérêt à travailler avec des partenaires qui soient à la fois juge et partie.

N’oubliant pas non plus qu’une démarche prédictive, cela coûte de l’argent pour permettre essentiellement de fermer des plages à temps, de protéger les populations, et d’éviter des fermetures administratives catastrophiques pour notre image touristique.
Mais il est essentiel de rester vigilant à traiter les causes plutôt que de gérer les effets. Restons donc attentif aux démarches d’analyse du S3PI, et surtout à la bonne poursuite du SAGE Adour Aval qui avait été si long et si difficile à lancer et qui doit maintenant se concrétiser, en particulier pour alléger l’impact du panache de l’Adour sur nos plages.

La gestion des eaux de baignade étant une thématique fondamentale de la vie quotidienne de notre agglomération et de notre ville, nous voterons donc favorablement à votre proposition, en espérant que vous pourrez faire prendre en compte nos remarques.

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