Agglomération Côte Basque Adour

Conseil Départemental

7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 22:53

Le débat d'orientation budgétaires a été très long (1h30), plombé par 25 minutes de considérations sur la conjoncture nationale et européenne.

Voici mon intervention au cours de ce débat, pour le groupe d'opposition "Anglet, l'Avenir avec vous":


 

Monsieur le Maire,

Vous nous présentez un rapport sur les orientations budgétaires de la ville qui comporte 12 pages sur 27 traitant de conjoncture internationale, nationale, ou communautaire.

12 pages d’analyse partisane et de critiques plus ou moins directes, c’est plus un acte politique plus qu’une présentation factuelle d’orientations budgétaires municipales.  L’échelle de notre petite ville d’Anglet ne vous suffit-elle plus, Monsieur le Maire ? Peut-être avez-vous des visées nationales et, à l’orée d’échéances présidentielles et législatives, vous préparez vous à structurer des analyses politiques qui n’ont que peu à voir avec notre débat municipal.
Je ne ferai donc aucun commentaire sur ces 12 pages. Nous débattrons de ces analyses dans un autre contexte.

Car chaque fois que vous criez « au loup » en commentant les décisions de ce que vous appelez « le gouvernement actuel », j’ai du mal à comprendre que vous puissiez défendre, dans le cadre du débat actuel entre candidats de droite aux présidentielles, des propositions encore plus contraignantes pour les communes et l’emploi public.
 
Je ferai peut-être une exception pour quelques considérations communautaires qui pourraient impacter à la marge les budgets municipaux.
En effet,  en tant que Président de notre agglomération actuelle, vous devez savoir comment l’ACBA est entrain de verrouiller nombre de dispositifs et de passerelles budgétaires entre l’Agglo et ses 5 villes.
 Vous savez donc aussi que le temps de mise en route du futur EPCI vous laissera bien jusqu’à la fin du mandat municipal les marges de manoeuvre aujourd’hui acquises. Vous le dites d’ailleurs dans votre rapport d’OB : 
« 
la future Communauté d’Agglomération exercera l'intégralité des compétences tels qu'elles étaient exercées dans chaque EPCI et pour la partie du territoire qui le concerne ».

Il ne faudrait pas que vous pensiez vous dédouaner par ces éléments de discours  de la véritable responsabilité qui est la vôtre en tant que Maire d’Anglet : celle d’être le seul responsable, le temps de votre mandat, des choix de gestion de notre ville.

Venons en donc  aux 15 pages parlant du budget municipal.
Elles sont vite lues. Elles manquent de clarté sur vos intentions. Elles ouvrent bien peu de perspectives.
La fin du monde paraît actée pour 2020. Aucun embryon de visibilité au-delà, aucune piste préparatoire. Tous vos commentaires sont axés sur une gestion dans l’urgence de projets qui prennent du retard au décollage.

Vous commencez à nous parler recettes de fonctionnement pour les 3 années à venir, en pleurant à nouveau sur la baisse de la dotation de fonctionnement.

Certes, la ville aura perdu entre 2013 et 2017  2,6 M€ de DGF. Cela représente 5,4%  du budget de fonctionnement 2017 de la ville. Personne ne le niera. Mais cette perte a été compensée au fil des années, en particulier par les confortables rentrées fiscales dont vous disposez. 
La preuve en est que vous nous annoncez pour 2017 des recettes de fonctionnement de 47,5 Million d’€, en hausse de 400 000 € par rapport au budget primitif que nous votions il y a un an pour 2016.
C’est une somme supérieure de près d’ 1 M€ à celle dont vous disposiez au Budget primitif 2014, lors de votre élection.

Alors comment pouvez vous continuer à affirmer que c’est cette baisse de la DGF qui étrangle votre action alors que vous disposez globalement de recettes en croissance.

Non, Monsieur le Maire, c’est ailleurs qu’il faut chercher les causes de vos difficultés, si difficultés il y a.

D’abord dans votre incapacité à assumer vos promesses électorales en matière de réduction des charges générales.
Vous nous annoncez à nouveau 2 à 2,5% d’augmentation de ces charges pour l’an prochain (soit environ 200 000€). Pensez vous que,
au moment où les recettes stagnent, C’est le moment de dépenser plus pour les décorations de Noël ?

Vous nous annoncez aussi 3% d’augmentation des charges de personnel (soit environ 700 000€).
Le rapport parle de « relative continuité dans la proportion du budget de fonctionnement consacré aux dépenses de personnel ». Mais en fait la proportion de ce poste dans les charges de gestion a quand même gagné près de 2 points en 2 ans (55,87 % à 57,70 %), ce qui est substantiel, et le nombre de personnel permanent est passé de 573 au 31/12/ 2013  à 633 en 2015.

Charges de personnel, charges générales, à elles seules ces 2 annonces sont caractéristiques de la problématique qui est la vôtre. Leurs augmentations sont déjà 2 fois supérieures à l’augmentation prévue de vos recettes de fonctionnement.

Vous me direz que des orientations budgétaires ne sont pas un budget primitif…Certes…
Mais que découvrirons nous comme autres augmentations au fil des lignes du  BP en Décembre ?

Alors, lorsqu’on ne peut pas faire d’économies sur ses charges de fonctionnement (et que n’avons-nous pas entendu de votre part sur ce sujet au cours du mandat précédent !!!), il reste 2 solutions pour conserver une capacité d’autofinancement pour réaliser les projets engagés ou promis :

- 1ère solution : On se donne des marges de manœuvre en jouant sur la fiscalité. Nous l’avions fait très modérément pendant 4 ans en début de mandat, sous vos attaques en règle répétées. Vous en bénéficiez aujourd’hui. Mais vous refusez d’y réfléchir pour le futur, campant sur vos promesses électorales.
C’est surprenant de voir comment certaines promesses sont tenues (sans en mesurer les conséquences à moyen terme) et comment d’autres sont oubliées, en particulier en terme de maîtrise des charges.

- 2ème solution : On retarde ou réduit ses investissements. Vous avez été assez performant pour donner du temps au temps, que ce soit pour Choisy comme pour Baroja. Cela vous a aidé à retarder les échéances.
Mais aujourd’hui vous ne pouvez plus reculer.
Il faudra financer Choisy l’an prochain, nous l’espérons…Il faudra bien financer Baroja aussi, même si les appels d’offre de travaux ont du mal à déboucher… ce sont des projets auxquels vous tenez et auxquels nous tenons.

Ces opérations faisaient partie des 9 autorisations de programme votées en 2015,  .

Mais vous appliquez la solution de retarder des investissements. En effet sur ces 9 APCP certaines semblent avoir du plomb dans l’aile : la rénovation de l’Hôtel de ville  et l’Aménagement de l’Ave de la Chambre d’Amour.
Rappelons que la rénovation et l’extension de l’Hôtel de ville était pour nous une priorité, tant pour le confort des agents qui y travaillent que pour l’accueil des usagers et la rationalisation des échanges entre services.

Vous voilà donc annonçant votre objectif de 20,5 M€ d’investissements pour 2017, puis de 19,6 M d’€ pour 2018.

Ce n’est pas nous, à qui vous aviez reproché si violemment d’avoir investi pratiquement 100 M€ sur un mandat, qui vous reprocherons de faire ce que doit faire un Maire : investir sur des projets durables et indispensables pour la ville.

Par contre qui dit investir dit en trouver les ressources. Je me permets de rappeler
que nous avions  conduit un programme d’investissement plus ambitieux que le votre sans dégrader le ratio de désendettement de la ville (ratio de 3,7 ans en 2013 pour 3,8 ans en 2008). Cela ne vous a pas empêché de multiplier caricatures et contre-vérités pendant votre campagne électorale.

Mais aujourd’hui, c’est vous le maçon, et vous êtes au pied du mur. Après 3 ans de mandat et de choix d’investissements plus ou moins utiles, vous entrez dans le dur.


Faute de vous être créé l’autofinancement nécessaire, vous allez donc emprunter. Et pas qu’un peu…

Vous nous présentez donc un graphique prospectif de l’évolution de la dette.


Je vous dirai notre inquiétude en voyant sur ce graphique le faible encours EPFL en fin de mandat . Je rappellerai que l’EPFL est l’outil qui permet aux communes de lisser dans le temps le coût d’acquisition de foncier .
1M€ c’est très peu en terme de prévision d’acquisition foncière. Et ce ne sont pas les 863 000€ d’acquisition que vous nous annoncez pour 2017, qui nous rassurent. C’est là aussi une somme bien dérisoire devant le besoin criant de logement accessible.
A côté de cela vous prévoyez pour l’an prochain 2,8 M€ de cessions immobilières. Vendre sans renouveler le stock, ça améliore la trésorerie, mais ça ne rassure pas sur l’avenir de l’entreprise.



J’ai encore en mémoire les mots de votre adjoint aux finances l’an dernier lors de ce même débat des OB :
J’ouvre les guillemets pour vous citer : « On a trouvé (…en 2014) une situation presque catastrophique, et notamment au niveau de la dette. On a trouvé une dette de 39 millions, sans compter les fantômes dans le placard, comme je vous avais dit quand nous étions arrivés avec 4 millions d’euros d’EPFL et 2 millions de ligne de trésorerie. Cela fait un endettement de 45 millions. Comment voulez-vous que l’on travaille avec ça… » Fin de citation

Je me rappelle aussi, Monsieur Olive, vos propos lors des orientations budgétaires de 2013 :

« En tout cas une chose est sûre aujourd’hui, vous laisserez Anglet en 2014 avec une dette supérieure à celle que vous aurez trouvé en 2008 et même si vous ne prévoyez pas d’emprunts en 2012, et je dirai encore heureux, vous nous annoncez une inscription de 5 millions d’euros supplémentaires pour 2013, nous atteindrons presque, si vous les réalisez, les 40 millions d’emprunts, inimaginable. »


Alors je regarde les courbes que vous nous présentez.

J’y vois qu’en 2019, le montant de la dette sera de 51,4 M€.
Si 40 M€ était qualifié d’inimaginable lorsque vous étiez dans l’opposition, quel qualificatif emploierez vous aujourd’hui, Mr Olive, pour 51,4 M€.

J’y vois qu’en 2020, après que vous ayez remis votre mandat dans les mains des angloys, cet emprunt sera de 48,5 M€.

J’y vois, et je reprendrai vos mots comme vous nous le reprochiez en 2013, que vous laisserez Anglet en 2020 avec une dette supérieure à celle que vous aurez trouvé en 2014.
Et votre adjoint aux finances vous dira sans doute : « Comment voulez-vous que l’on travaille avec ça… »



Même dans l’opposition, il y a des mots qu’il vaut mieux ne pas employer. Comme il y a des actions que l’on ne doit pas mener. Nous ne rameuterons pas la population pour l’inquiéter ou caricaturer votre action. Nous ne provoquerons pas de réunions publiques. Nous ne pousserons pas à la création d’associations pour s’opposer à l’un quelconque de vos projets.
Nous vous laisserons travailler.

Mais nous dirons aux angloys la réalité, comme nous l’avons toujours fait
Car nous ne pouvons passer sous silence le danger qu’il y aurait à se  satisfaire de vous voir engager la ville vers le seuil critique de 9 années de capacité de désendettement.

 

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