Agglomération Côte Basque Adour

Conseil Départemental

27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 21:48

Alors que l'acte de décès de l'Agglomération Côte Basque Adour n'est pas encore consommé, et que le nouvel EPCI Pays Basque-Adour n'a pas encore balbutié ses premières prises de compétences, plusieurs maires ont demandé à leurs conseils municipaux de reprendre complètement la main sur leurs Offices de Tourisme, qu'ils avaient pourtant mis dans le pot communautaire il n'y a que quelques semaines grâce aux dispositions de la loi NOtre .

Il s'appuient aujourd'hui pour cela sur les dispositions sur la nouvelle Loi Montagne .

C'était le cas ce soir à Anglet, au cours d'un Conseil Municipal exceptionnel qui n'a pas duré 1/4 d'heure.

Les élus du groupe d'Opposition "Anglet, l'Avenir avec Vous" ont tenu à exprimer leur différence d'appréciation, convaincus qu'on est plus fort ensemble que tout seul, mais aussi plus efficace et plus économe.

Sandrine Derville a exprimé en son nom et au mien les raisons de notre vote d'abstention. Notre collègue Georges Daubagna a lui souhaité voter contre la délibération proposée par le Maire d'Anglet

Voici la déclaration de Sandrine Derville:

M. le Maire, Chers collègues,

 

Après toute une série de délibérations pour transférer cette compétence à l’agglomération mais tout en conservant un office de tourisme distinct pour notre commune au sein de l’office de tourisme intercommunal, comme le permettait la loi NOTRe, nous revenons aujourd’hui sur ces délibérations - comme vous l’annonciez plus ou moins ouvertement - et nous voici aujourd’hui amenés à demander le maintien d’un office de tourisme 100% communal pour notre ville, totalement indépendant de l’office de tourisme intercommunal.

 

M.le Maire, nous nous abstiendrons sur cette délibération.

 

En effet, il peut paraitre un peu absurde de vouloir rallier un office de tourisme intercommunal au pas de charge, alors même que tant d’autres questions plus urgentes doivent être abordées pour mettre sur les rails cet EPCI Pays Basque. Il peut paraître plus approprié, aujourd’hui de conserver dans un 1er temps un office de tourisme distinct pour Anglet, afin de travailler sereinement à son rapprochement, à terme, avec l’office de tourisme intercommunal. Mais cela ne nous semble pas être l’esprit dans lequel vous nous faites voter cette délibération, qui parait bel et bien acter le maintien définitif de la compétence tourisme à la commune, sans jamais évoquer un éventuel rapprochement avec l’office de tourisme intercommunal, ni même un travail en commun.

 

Or, sur la question du tourisme, il nous faut œuvrer rapidement à ce rapprochement, et nouer dès 2017 des collaborations avec l’office de tourisme Pays Basque, voire avec les offices du tourisme de la Côte Sud des Landes, de mener des opérations conjointes, et de développer avec eux une promotion d’envergure du Pays Basque et de notre littoral sud-atlantique. Ceci n’empêche bien sûr pas de maintenir des antennes locales dans les stations comme la nôtre, qui assureront l’animation, l’accueil ou encore les visites, mais il n’est pas pour cela nécessaire d’avoir un office de tourisme indépendant.

 

Car la seule destination touristique qui ait du sens est celle du Pays Basque, avec, de l’autre côté de l’Adour, celle des plages landaises !

Nos plages ne seraient pas aussi populaires – et plus elles sont vues de loin, plus cela est vrai - sans l’attractivité du Pays Basque intérieur, et même du Pays Basque tout court, son patrimoine, sa culture, ses paysages, son art de vivre… Et si notre accueil touristique ne bénéficiait pas des retombées de la forte fréquentation des stations balnéaires et portuaires du sud des Landes.

Quelle est la destination que connaissent et viennent chercher la plupart des touristes? C’est bel et bien le Pays Basque, et non Anglet stricto sensu.

 

Anglet ne pourra pas plus en matière de tourisme que dans d’autres domaines, tourner durablement le dos au reste du Pays Basque, pas plus qu’elle ne pourra ignorer qu’elle est l’extrémité du long ruban sableux de la Côte landaise. Et l’on sait combien l’activité touristique, dans notre ville comme dans les autres villes côtières – Biarritz étant peut-être la seule sorte d’exception – s’appuie sur la spécificité du territoire « Pays Basque » pour le rendre plus attractif aux yeux des touristes, et asseoir auprès d’eux le bien-fondé de cette attractivité une fois qu’ils y sont venus.

 

Le touriste ne connait pas les frontières administratives, et il n’est pas rare que celles et ceux qui viennent se baigner sur nos 4,5 km de plages, profiter des multiples activités que notre ville offre, ou de ses commerces, séjournent dans les villes voisines, tant vers le Nord que vers le Sud - et s’y acquittent d’ailleurs de la taxe de séjour…

 

Seul on va peut-être plus vite, mais ensemble on va plus loin, et nous avons tout à gagner à nous inscrire dans une dynamique collective à l’échelle du Pays Basque – et ce quelles que soient nos positions sur la question de l’EPCI qui est désormais derrière nous – à porter et à promouvoir tous ensemble cette destination, qui profitera naturellement à notre ville, avec ses 4,5 km de littoral. Et qui sait, peut-être un jour, à participer à l’élargissement de notre réel bassin de vie et de sa structure politique de gestion en regardant aussi vers le Nord de l’Adour…

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