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Ville d'Anglet

Agglo Côte Basque - Adour

Primaires Citoyennes 2011

Politique nationale

Ci-dessous le discours que j'ai prononcé lors du vernissage de l'exposition de Photographies de Sabine Delcour, Marie Maurel de Maillé et Philippe Herbet:

Mesdames et messieurs, Bonjour

Tout d’abord, je tiens à vous saluer et à vous remercier de votre présence au nom de Monsieur le Maire, qui ne peut être parmi nous ce soir. Des vacances familiales bien méritées en Argentine le retiennent au pays du tango. Je suis certain qu’à son retour, il saura nous dire si le tango est une religion, une culture, un art ou simplement un divertissement.

Lorsque dans mon jardin je vois pousser mes salades ou fleurir mes rosiers, je donne un sens particulier au mot culture. J’y vois une série d’actes dont la finalité est de me nourrir, de nourrir les autres et de partager, mais aussi de me donner le plaisir des yeux, des sens. Avec en plus, quand une limace n’est pas passée par là, la satisfaction d’avoir concrétisé un modeste projet. Voilà ce que je ressens quand culture rime avec agriculture.

Cette parabole agricole pour vous dire que lorsque j’emploie le mot culture dans l’autre acception du terme, plus urbaine, plus intellectuelle, plus... culturelle, j’ai finalement conscience de lui donner la même finalité, le même sens. Se nourrir du travail et de la réflexion des autres, profiter de l’apport d’un milieu fertile pour grandir, pour se grandir, jouir du plaisir des yeux, des sens. Mais aussi pour ceux qui ont la chance d’avoir un petit talent, qu’il soit musical, pictural, photographique, physique ou artistique, l’immense chance de pouvoir offrir, donner et partager.

Certes il y a les Music Awards, les prix Littéraires, les Molières et autres Victoires, sans parler des Oscars ou des Césars. Mais y a-t-il des petits ou des grands musiciens, des petits ou des grands poètes, des petits ou des grands acteurs. Non. Pour moi, il n’y a que des gens qui aiment et sont sensibles à la musique, à la poésie, au théâtre. Et pour certains d’entre eux qui sont capables d’en faire à leur mesure, en toute liberté.

Alors, comment établir une hiérarchie dans ce qui nous est proposé d’entendre, de voir, de vivre. Comment passer au crible d’une grille de valeurs universelles les diverses facettes de l’expression artistique et culturelle. Certains, en d’autres temps, en d’autres lieux, s’y sont essayés. Mais qui peut souhaiter voir revenir le principe de l’art officiel. Qui peut se permettre de décider ce qui est artistique et ce qui ne l’est pas, ce qui est de la Culture et ce qui n’en serait pas. Sûrement pas moi. Sûrement pas notre équipe municipale. Qui est capable de me dire pourquoi on aime et pourquoi on aime moins, ou plus encore pourquoi on n’aime pas, quand son voisin se lève et applaudit à tout rompre ? N’y aurait-il de culturel ou artistique que ce que l’on aime ?

Lorsque, avant-hier, j’écoutais à Baroja le tromboniste Patrick Bacqueville (Vous aurez remarqué que je n’ai pas dit « le grand », bien que j’ai failli le faire...) qui soudain se mit à chanter « Give me a kiss to build a dream on », « Donne moi un baiser pour bâtir un rêve dessus », j’ai tout de suite pensé à ces moments où , devant un tableau, une photo, en écoutant une musique ou en lisant un poème, on échappe à l’image , aux sons , aux mots pour partir dans un rêve qui nous est propre.

De m’avoir donné une photo pour bâtir un rêve dessus, c’est ce dont je remercie Marie Maurel de Maillé. Donne moi une photo pour que je crée mon paysage sur ton paysage, c’est aussi ce que j’ai envie de demander à Sabine Delcour. Fais moi un portrait pour que je découvre où cette image me mène, c’est aussi ce que j’ai envie de demander à Philippe Herbet .

Merci à ces trois photographes (Vous aurez remarqué que je n’ai pas dit « Grands », mais j’aurais pu...) de nous offrir ainsi leurs oeuvres en respectant notre liberté de les regarder, en fonction de nos sensibilités, et de rebondir sur leur regard et leur technique pour nous envoler plus loin, là où eux-mêmes ne savent pas que nous sommes capables d’aller.

Que cette concrétisation du partenariat entre la Ville d’Anglet et le Centre d’initiative sur l’environnement au Domaine d’Abbadia nous donne aussi la certitude que l’environnement, notre environnement, dépend essentiellement du regard que nous portons sur lui. Ces photos, et le regard que nous portons sur elles, en sont la preuve tangible.

En matière d’environnement comme en matière de Culture, il n’y a pas de vérité universelle. Il y a des théories, il y a des hypothèses, il y a des gestes, il y a des ressentis, il y a des rêves, il y a des fantasmes. Et puis il y a l’humain. Quand l’humain pénètre dans l’Environnement, il le modifie. Quand l’homme pénètre dans la Culture, il la modifie aussi. Et la réciproque est vraie.

La Ville d’Anglet que ce soit en matière d’environnement ou en matière de culture, n’a pas le souhait de décider de ce qui est bien ou de ce qui est mal. Mais elle a le devoir d’accompagner tous ceux qui oeuvrent dans ces domaines. Les services, porteurs de la compétence, sont les garants de  la cohérence de l’action municipale et ont pour mission d’écouter, de mettre du lien, de proposer et de créer les conditions pour que nos politiques soient une réussite.

Les multiples formes d’expression artistiques et culturelles doivent trouver à Anglet un lieu d’expression, sans à priori, sans  jugement, mais au contraire dans un souci de curiosité, d’éclectisme, d’enrichissement intellectuel et de plaisir partagé. C’est pour cela que nous attendons avec impatience notre future salle de spectacle. C’est pour cela que les saisons de préfigurations sous le chapiteau de Baroja commenceront en Septembre avec une programmation complémentaire à l’offre déjà existante sur le BAB. C’est pour cela que nous veillons à mettre les associations, les troupes théâtrales dans les meilleures conditions pour créer, travailler et diffuser. C’est pour cela que nous avons augmenté de façon conséquente le budget de la Culture  à Anglet ces 2 dernières années. C’est pour cela que nous travaillons avec les associations qui portent nos cultures régionales. C’est pour cela que nous nous ouvrons à d’autres horizons, en coopération avec notre ville jumelle d’Ansbach mais aussi en construisant un projet culturel avec notre ville amie de Konna, au Mali, où la « Maison d’Anglet » sera dans quelques mois le lieu d’échanges culturels novateurs.

Merci aux artistes pour le travail qu’ils nous offrent aujourd’hui. Merci au Service Culturel de la Mairie pour la mise en place de cette exposition. Merci à vous tous pour votre présence et  votre écoute.

Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /Avr /2010 19:51

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